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Pourquoi la périménopause rend-elle l'été si difficile ?

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 16 juil.
  • 3 min de lecture

Chaque été, certaines femmes ont l'impression de ne plus supporter la chaleur.


Elles transpirent davantage, rougissent brutalement, dorment mal et se réveillent épuisées.


Beaucoup pensent simplement être devenues plus sensibles aux températures estivales.

En réalité, le problème n'est pas l'été.


Le problème est que la périménopause modifie le fonctionnement du cerveau, et plus particulièrement celui de son thermostat.


Comprendre ce mécanisme permet de mieux comprendre les bouffées de chaleur, mais aussi pourquoi elles ont autant de conséquences sur le sommeil, l'humeur et la santé mentale.


Pourquoi la périménopause rend-elle l'été si difficile ? Bouffées de chaleur, sommeil et santé mentale

Le cerveau possède son propre thermostat


Lorsque l'on parle de bouffées de chaleur, on imagine souvent un phénomène hormonal.

C'est vrai… mais seulement en partie.


Les bouffées de chaleur sont avant tout un phénomène neurologique.

Au centre de notre cerveau se trouve une petite région appelée l'hypothalamus. Parmi ses nombreuses fonctions, elle agit comme un véritable thermostat. Elle surveille en permanence la température du corps et déclenche des mécanismes destinés à maintenir un équilibre.


Chez une femme en période reproductive, cette régulation est largement stabilisée par l'œstradiol.


Quand les hormones deviennent imprévisibles


La périménopause ne correspond pas à une disparition brutale des hormones. C'est une période de fluctuations importantes.


L'œstradiol monte.

Puis chute.

Puis remonte.

Puis redescend.


À force de recevoir ces signaux contradictoires, le thermostat cérébral devient de plus en plus sensible.


Il finit par interpréter une température pourtant normale comme un excès de chaleur.


La réponse est immédiate : vasodilatation, bouffée de chaleur, transpiration, puis parfois des frissons quelques minutes plus tard.


Le corps agit comme s'il devait absolument se refroidir… alors qu'il n'en a pas besoin.


Pourquoi l'été aggrave tout en périménopause


L'été ne provoque pas les bouffées de chaleur. Il les révèle. Un thermostat déjà devenu hypersensible supporte beaucoup moins bien une hausse de température extérieure.


Le simple fait de sortir de la voiture, de marcher quelques minutes au soleil ou d'entrer dans un magasin mal ventilé peut suffire à déclencher une bouffée de chaleur.


Ce n'est donc pas "dans la tête". C'est la rencontre entre un cerveau devenu très réactif et un environnement plus chaud.


Le véritable problème n'est pas la chaleur


Pourquoi la périménopause rend-elle l'été si difficile ? Bouffées de chaleur, sommeil et santé mentale

La plupart des femmes parlent des bouffées de chaleur. Pourtant, le véritable enjeu est souvent ailleurs. Le sommeil.


Jusqu'à 80 % des femmes présentent des bouffées de chaleur pendant la transition ménopausique.


Lorsqu'elles surviennent en deuxième partie de nuit, elles interrompent le sommeil profond et le sommeil paradoxal, deux phases essentielles à la récupération physique et psychique.


À cela s'ajoute un deuxième phénomène hormonal. La progestérone diminue elle aussi progressivement. Or cette hormone possède un effet naturellement sédatif.

Sa baisse rend l'endormissement plus difficile, favorise un sommeil plus léger et augmente les réveils nocturnes.


Ajoutez une chambre à 27 °C au mois de juillet…


…et le sommeil devient très difficile à préserver.


Pourquoi le sommeil change tout


Le sommeil est probablement la conséquence la plus sous-estimée de la périménopause.

Un sommeil fragmenté ne fatigue pas uniquement le corps. Il modifie profondément le fonctionnement du cerveau. Les femmes décrivent souvent davantage d'irritabilité, un brouillard mental, des difficultés de concentration, une moins bonne tolérance au stress et une humeur plus fragile.


Ces symptômes sont souvent attribués à la chaleur, au stress ou au caractère. Pourtant, leur origine est bien souvent hormonale.


Que peut-on faire ?


Certaines mesures simples permettent déjà de diminuer les symptômes.


Maintenir une chambre fraîche, en particulier pendant la seconde partie de la nuit.

Privilégier des vêtements et une literie respirants.


Limiter l'alcool et les repas très épicés en soirée, connus pour favoriser les bouffées de chaleur.


Mais surtout, ne pas banaliser ces symptômes.

Des bouffées de chaleur qui détruisent le sommeil, une humeur qui se dégrade ou une fatigue persistante ne sont pas une fatalité. Ils méritent une véritable discussion médicale.


Lorsque le traitement hormonal est indiqué, il reste aujourd'hui le traitement le plus efficace contre les symptômes vasomoteurs de la périménopause.


Si vous avez entre 43 et 50 ans et que vous avez l'impression de moins bien supporter l'été qu'avant, posez-vous une question.


Et si ce n'était pas simplement la chaleur ?


Et si votre cerveau essayait simplement de fonctionner avec un thermostat devenu trop sensible ?


Comprendre la périménopause, c'est comprendre que ces symptômes ne sont ni imaginaires, ni une faiblesse. Ils sont le reflet de mécanismes biologiques parfaitement documentés… et ils peuvent être pris en charge.


Pourquoi la périménopause rend-elle l'été si difficile ? Bouffées de chaleur, sommeil et santé mentale

Références

Freedman – Thermorégulation des bouffées de chaleur et aire préoptique de l'hypothalamus.


The Menopause Society (2024) – Bouffées de chaleur nocturnes et sommeil paradoxal.


Stanford Lifestyle Medicine – Progestérone et sommeil en périménopause.

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