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TDAH, dépression, bipolarité : la périménopause comme révélateur psychiatrique

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 25 juin
  • 2 min de lecture

TDAH, dépression, bipolarité


Certaines femmes arrivent en consultation à 45 ans avec un premier épisode dépressif sévère. D'autres avec ce qui ressemble à une décompensation bipolaire. D'autres encore avec un tableau de TDAH qui "explose" alors qu'elles fonctionnaient bien depuis des années. 


Ce n'est pas une coïncidence. C'est de la biologie.


Les chiffres d'abord


Une étude de l'Université de Cardiff, publiée dans Nature Mental Health (2024), portant sur 128 294 femmes britanniques, montre qu'en périménopause :

-       Les premiers épisodes de trouble bipolaire augmentent de +112%

-       Les premiers épisodes de dépression majeure augmentent de +30%


Une étude d'Usall et al. (2009), retrouvée dans la revue systématique de Hendriks et al. (Menopause, 2025, co-signée par Louise Newson) montre que les femmes en périménopause ont un risque 7 fois plus élevé d'idéations suicidaires que les femmes en pré- ou post-ménopause, indépendamment des troubles anxieux et dépressifs préexistants. 


Le cas particulier du TDAH


L'estradiol module directement la dopamine, sa synthèse, sa disponibilité synaptique, sa dégradation. Les régions cérébrales les plus sensibles à cette interaction sont précisément celles impliquées dans le TDAH : le cortex préfrontal, les ganglions de la base, le circuit attentionnel.


Quand l'estradiol s'effondre, la dopamine suit. Pour une femme avec un TDAH sous-jacent, souvent non diagnostiqué, compensé par des années de stratégies adaptatives, c'est la goutte qui fait déborder le vase. Les compensations ne tiennent plus. Le masque tombe. Et elle arrive en consultation à 44 ans avec ce qui ressemble à un premier TDAH, alors que la neurologie était là depuis l'enfance, simplement maintenue sous le seuil clinique par ses œstrogènes.


Près de 70% des femmes avec TDAH décrivent la périménopause comme une période de décompensation majeure, avec aggravation de la procrastination, de la mémoire de travail, de la dysrégulation émotionnelle et du sentiment d'overwhelm. Et les femmes avec TDAH entrent en périménopause jusqu'à 10 ans plus tôt que les femmes sans TDAH.

Ce que ça implique


Quand une femme de 43-48 ans décompense psychiatriquement pour la première fois, ou voit ses troubles préexistants s'aggraver brutalement, la question hormonale doit être posée. Pas à la place du diagnostic psychiatrique. En parallèle.


Parce que les deux se nourrissent l'un l'autre, et que traiter l'un sans l'autre, c'est traiter à moitié.


Le cerveau n'est pas imperméable aux hormones. Les données le disent clairement. Il est temps que la clinique les entende. 


Réf. : Di Florio A et al., Nature Mental Health 2024 | Hendriks O et al., Menopause 2025 | Chapman L et al., J Atten Disord 2025 | Kooij JJS, Psychiatric Times 2025


TDAH, dépression, bipolarité : la périménopause comme révélateur psychiatrique

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