La santé mentale a été instrumentalisée.
- Estelle de Pélichy-Jeanson
- 18 déc. 2025
- 1 min de lecture
Redéfinir la santé mentale : sortir du paradigme de la performance
La définition de l’OMS, citée dans la plupart des politiques publiques, inclut cette phrase :
« La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, faire face aux tensions normales de la vie, travailler de manière productive et contribuer à sa communauté. »
Ce « travailler de manière productive » est une faiblesse conceptuelle majeure.
Il traduit une époque — celle du début du XXe siècle — où la médecine moderne s’est développée dans des sociétés industrielles et néocapitalistes.Son objectif n’était pas tant le bien-être de la personne que le maintien de sa productivité pour la collectivité.
Résultat : la santé mentale a souvent été instrumentalisée au service de la performance.
On ne soigne plus pour préserver la personne, mais pour restaurer sa capacité à produire.
Les indicateurs de succès deviennent les jours d’arrêt évités, plutôt que la qualité de vie retrouvée.
Or, le cerveau n’est pas une machine à rendement constant.Comme un muscle, il alterne phases d’activation et de récupération.Supprimer ces temps de repos, c’est créer les conditions mêmes du burn-out que l’on prétend vouloir éradiquer.
Il est temps de repenser notre modèle
en sortant de la logique de réparation-performance
en replaçant la vitalité, la créativité, la régulation émotionnelle et le lien au centre
en reconnaissant que les temps « improductifs » — pause, rêverie, silence — sont des temps de maturation
La santé mentale n’est pas la productivité sans faille.C’est la capacité à se réguler, se relier et se ressourcer dans un monde qui valorise encore trop la vitesse et le rendement.


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