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Contraception hormonale : mais de quelles hormones parle-t-on exactement ?

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 23 avr.
  • 2 min de lecture

"Vous prenez des hormones ?" La question revient souvent, en consultation comme dans les conversations entre femmes. Et la réponse semble évidente. Pourtant, elle mérite qu'on s'y arrête.


Parce que le mot "hormone" recouvre deux réalités radicalement différentes — et la confusion entre les deux a des conséquences concrètes sur la santé des femmes.


Les hormones endogènes : des molécules de signalisation vitales


Le corps féminin produit trois hormones sexuelles principales :


L'estradiol (E2) — la forme active des œstrogènes. Il protège les neurones, soutient la sérotonine et la dopamine, module l'humeur, la mémoire et la cognition. Il est produit par les ovaires, mais aussi directement dans le cerveau.


La progestérone (P4) — souvent mal connue. Elle agit sur les récepteurs GABA-A, avec un effet anxiolytique naturel. Elle favorise le sommeil, tempère l'inflammation, protège la myéline.


La testostérone (T) — présente chez la femme en quantités plus faibles mais essentielles. Elle soutient l'énergie, la motivation, la libido, et la clarté mentale.


Ces trois molécules ne sont pas des "produits chimiques" au sens péjoratif. Ce sont des signaux biologiques endogènes, produits par le corps pour réguler le cerveau, le métabolisme, l'immunité, et bien plus. Elles agissent comme des neuromodulateurs — elles influencent directement la sérotonine, la dopamine, le GABA. Leur présence ou leur absence se ressent.


La contraception hormonale : une autre histoire


La pilule, l'anneau, le patch ne contiennent pas ces molécules. Ils contiennent des analogues synthétiques — l'éthinylestradiol, des progestatifs de synthèse comme le lévonorgestrel ou l'étonogestrel.


Ces molécules ressemblent aux hormones endogènes, mais ne sont pas identiques. Elles se fixent sur les mêmes récepteurs, parfois avec plus d'affinité, parfois différemment. Et surtout, leur objectif principal est de bloquer l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique — c'est-à-dire d'empêcher le corps de produire ses propres hormones.


Le résultat : pas d'ovulation, pas de pic d'estradiol, pas de progestérone, testostérone effondrée. Un état hormonal qui ressemble davantage à une ménopause chimique qu'à un cycle féminin physiologique.


Ce n'est pas un jugement. C'est de la physiologie.


Confondre contraception hormonale et "prise d'hormones" au sens d'une supplémentation, c'est confondre deux réalités opposées. L'une soutient le système hormonal. L'autre le met en veille.


Les femmes ont le droit de savoir ce que font réellement les molécules qu'on leur prescrit.


Contraception hormonale : mais de quelles hormones parle-t-on exactement ?

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