top of page
Logo Psy Lémanique Morges

Périménopause et santé mentale : ce que les chiffres disent vraiment

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 18 juin
  • 2 min de lecture

Périménopause


On retient les bouffées de chaleur. On oublie le reste. 


Pourtant, les données sont sans ambiguïté : 90% des femmes en périménopause présentent des symptômes psychiatriques, troubles de l'humeur, anxiété, irritabilité, insomnie, troubles cognitifs. Contre 60% seulement pour les symptômes vasomoteurs classiques comme les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes.


La santé mentale est le symptôme majoritaire de la périménopause. Et pourtant, c'est le moins reconnu, le moins investigué, et le plus souvent mal orienté.


Ce qui se passe dans le cerveau


L'estradiol n'est pas qu'une hormone reproductive. C'est un neuromodulateur actif. Il soutient la synthèse de sérotonine et de dopamine, module les récepteurs GABA, protège les neurones contre l'inflammation, et participe à la plasticité cérébrale. Quand il fluctue de façon chaotique puis s'effondre, le cerveau en ressent les effets directement.


La progestérone, elle, agit sur les récepteurs GABA-A, le système calmant du cerveau. Sa chute précoce en périménopause explique l'anxiété de fond, les réveils nocturnes, la sensibilité émotionnelle accrue. Ce n'est pas de la fragilité. C'est de la neurochimie.


S'ajoutent à cela : la neuro-inflammation liée à la carence estrogénique, la dégradation du sommeil profond, lui-même essentiel à la régulation émotionnelle et à la consolidation mémorielle et l'augmentation du cortisol. Un terrain neurobiologique rendu vulnérable, pas une psychologie défaillante.


Ce que ça produit cliniquement


Des dépressions résistantes aux antidépresseurs, parce que leur origine est hormonale, pas sérotoninergique. Des anxiétés inexpliquées, soulagées quand on traite le fond. Des troubles cognitifs évocateurs de TDAH ou de début de démence, qui répondent à la supplémentation hormonale. Des insomnies sévères. Des crises de panique à 44 ans chez des femmes qui n'en avaient jamais eu.


Ces femmes ne sont pas "fragiles". Leur cerveau traverse une tempête hormonale réelle, documentée et traitable. 


La périménopause n'est pas une dépression. Mais elle peut en créer une. Savoir faire la différence change tout pour le diagnostic, pour le traitement, et pour ce qu'on dit à ces femmes sur elles-mêmes.


Réf. : Newson LJ et al., Post Reprod Health 2021 | Bromberger JT & Epperson CN, Obstet Gynecol Clin 2018


La périménopause : la puberté à l'envers

Commentaires


bottom of page