La périménopause : la puberté à l'envers
- Estelle de Pélichy-Jeanson
- 11 juin
- 2 min de lecture
La périménopause
On parle beaucoup de la ménopause. On ne parle presque jamais de ce qui la précède.
La périménopause, c'est la transition hormonale qui commence bien avant le dernier cycle, parfois dès 38-40 ans, et qui peut durer 4 à 10 ans. C'est la phase la plus turbulente, la plus invisible et la plus mal comprise de la vie hormonale d'une femme.
Une image aide à la comprendre : c'est une puberté à l'envers. À la puberté, les hormones montent progressivement et le corps apprend à les utiliser. En périménopause, elles se retirent — mais pas proprement, pas linéairement. C'est une descente en montagnes russes avant le plancher.
La séquence hormonale, ce que peu de femmes savent
Ce n'est pas un effondrement simultané. Les hormones déclinent dans un ordre précis, et chaque étape a ses propres conséquences.
La progestérone est la première à partir, souvent dès 35-38 ans. Avec les premières ovulations manquées — cycles anovulatoires — le corps jaune ne se forme plus, et la progestérone chute.
Résultat : anxiété de fond, troubles du sommeil, irritabilité, cycles plus lourds.
Des symptômes attribués au stress, au surmenage, à "la vie". Sans jamais penser aux hormones — parce que les règles sont encore là, régulières.
L'estradiol suit, mais de façon chaotique. Le cerveau, percevant la baisse, envoie davantage de FSH pour "forcer" les follicules restants. L'estradiol peut alors monter très haut, parfois deux à trois fois ses niveaux habituels, avant de s'effondrer.
Ce ne sont pas des baisses douces et prévisibles. Ce sont des pics brutaux suivis de chutes, sur des semaines ou des jours. Seins gonflés, migraines, humeur instable, puis bouffées de chaleur et vide émotionnel. Le même corps, le même mois, des taux opposés.
La testostérone décline plus progressivement tout au long de la vie reproductive, avec une accélération péri et post-ménopausique. Énergie, motivation, libido, clarté mentale — tout ce qu'elle soutient s'érode silencieusement.
Ce que ça donne dans la vraie vie
Des femmes de 40 ans qui ne se reconnaissent plus. Qui dorment mal, pleurent sans raison, oublient des mots, perdent confiance. Qui consultent et s'entendent dire que c'est le stress, la dépression, l'anxiété généralisée. Qui repartent avec un antidépresseur ou un anxiolytique — sans que personne n'ait posé la question hormonale.
La périménopause n'est pas un passage à vide psychologique. C'est une transition neurobiologique majeure, avec un profil hormonal en pleine instabilité. La reconnaître, c'est déjà changer ce qu'on propose à ces femmes.
Réf. : Newson Health Research and Education, drlouisenewson.co.uk | Prior JC, Climacteric 2018





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