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Contraception hormonale : et si on appelait les choses par leur nom ?

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 7 mai
  • 2 min de lecture

On pose un implant, on prescrit une pilule, on pose un anneau. Et on dit à une femme de 22 ans qu'elle "prend des hormones" pour ne pas tomber enceinte. Ce qu'on ne lui dit pas, c'est ce que fait réellement ce traitement à son système hormonal.


La contraception hormonale fonctionne en bloquant un axe central : l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Concrètement, le cerveau cesse d'envoyer le signal qui déclenche l'ovulation. Pas d'ovulation et comme conséquence directe : pas de pic d'estradiol en milieu de cycle, pas de progestérone en phase lutéale, testostérone effondrée.


Le corps n'est pas supplémenté. Il est mis en veille.


Ce profil hormonal — estradiol bas, progestérone absente, testostérone au plancher — ressemble davantage au profil d'une femme ménopausée qu'à celui d'une femme de 25 ans en pleine santé reproductive.


Ce n'est pas une métaphore provocatrice. C'est de la physiologie.


Et les conséquences ne sont pas abstraites.


L'estradiol soutient la sérotonine et la dopamine, donc l'humeur, la motivation, la résistance au stress.

La progestérone agit sur les récepteurs GABA, donc l'anxiété, le sommeil, la régulation émotionnelle.

La testostérone soutient l'énergie, la clarté mentale, le désir.


Quand ces trois molécules s'effondrent simultanément, le cerveau le ressent.


Ce que décrivent les femmes est cohérent avec cette physiologie : humeur aplatie, anxiété de fond, libido absente, fatigue inexpliquée, impression d'être dans du coton. Des symptômes qui ressemblent étrangement à ceux que l'on traite en médecine de la ménopause.


La grande étude danoise de Skovlund et al. (JAMA Psychiatry, 2016) — plus d'un million de femmes, 13 ans de suivi — montre une association significative entre contraception hormonale et premier épisode dépressif, toutes méthodes confondues. Le risque est plus élevé chez les adolescentes, et augmente avec la puissance des progestatifs utilisés.


Pourquoi ne le dit-on pas clairement aux femmes de 20 ans ?


Pas par malveillance. Par habitude. Par minimisation historique des effets neuropsychiatriques des traitements gynécologiques. Par manque de temps en consultation. Et parfois parce que le mot "castration chimique" — techniquement juste pour décrire une suppression complète de l'axe gonadique — sonne trop fort pour être prononcé.


Mais les femmes qui vivent ces symptômes, elles, n'ont pas besoin d'un mot doux. Elles ont besoin qu'on leur dise la vérité.


Informer n'est pas effrayer. C'est respecter.


Réf. : Skovlund CW et al., JAMA Psychiatry 2016;73(11):1154–1162 | Stanczyk FZ et al., Endocr Rev 2013;34(2):171–208


Contraception hormonale : et si on appelait les choses par leur nom ?

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© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

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