top of page
Logo Psy Lémanique Morges

Pourquoi ces femmes arrivent-elles en psychiatrie ?

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Pourquoi ces femmes arrivent-elles en psychiatrie ?


Elles arrivent avec une dépression apparue trois semaines après la pose d'un DIU hormonal. Avec une anxiété installée depuis qu'elles ont changé de contraceptif. Avec une libido effondrée, une fatigue inexpliquée, une impression de ne plus se reconnaître. Elles arrivent en psychiatrie — parce qu'elles n'ont pas été entendues ailleurs.


Ce n'est pas un reproche à des collègues. C'est un constat sur un système.


Ce que la science dit existe


Les données sont là — robustes, publiées dans les meilleures revues, issues de cohortes de plusieurs millions de femmes. L'association entre contraception hormonale et troubles de l'humeur est documentée. Les mécanismes neurobiologiques sont identifiés. Les facteurs de vulnérabilité individuelle sont connus. Le compendium suisse lui-même en fait état noir sur blanc, avec obligation d'information avant prescription.


Et pourtant


Ces femmes consultent leur médecin ou leur gynécologue avec ces symptômes — et on leur répond que ça n'a pas de lien. Qu'elles sont stressées. Que c'est la vie. Qu'il faudra peut-être voir un psy.


Et elles voient un psy. Qui leur prescrit parfois un antidépresseur — sans jamais avoir demandé quelle contraception elles utilisent, depuis combien de temps, et si les symptômes ont débuté après son introduction.


C'est là que quelque chose se grippe.


Le problème n'est pas la psychiatrie


Le problème est que la psychiatrie devient le recours par défaut pour des symptômes dont l'origine est parfois pharmacologique et identifiable. Que des femmes reçoivent un diagnostic de dépression là où elles vivent une iatrogénie hormonale non reconnue. Que le système oriente vers la gestion des symptômes plutôt que vers la recherche de la cause.


Ce que cela implique concrètement


Pour les prescripteurs de contraception : intégrer systématiquement la question de l'humeur et du sommeil dans le suivi. Informer avant, surveiller après. Reconnaître le signal quand une femme revient avec ces symptômes.


Pour les psychiatres et les médecins généralistes : poser la question de la contraception aussi naturellement qu'on pose celle des autres traitements. Considérer l'iatrogénie hormonale dans le diagnostic différentiel. Ne pas médicaliser ce qui pourrait d'abord être réversible.


Pour les femmes : savoir que leurs symptômes ont peut-être une explication. Que la science leur donne les mots pour le dire. Qu'elles ont le droit de poser la question — et d'exiger une réponse qui ne commence pas par "c'est dans votre tête."


On ne peut pas défendre son corps si on ne connaît pas la science. Et la science, sur ce sujet, parle clairement depuis des années.


Il est temps que la pratique l'entende.


Pourquoi ces femmes arrivent-elles en psychiatrie ?

Commentaires


© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

Alzheimer Vaud
Aspedah
  • Instagram
  • LinkedIn
bottom of page