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Le DIU hormonal et la santé mentale : ce que le compendium dit et que trop de médecins ne transmettent pas…

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 26 mars
  • 2 min de lecture

En consultation, le scénario revient. Une femme pose un Mirena ou un Kyleena. Quelques semaines plus tard, elle ne se reconnaît plus. Anxiété, humeur plate, libido effondrée, sentiment d'étrangeté à elle-même. Elle retourne voir son médecin. On lui répond que ça n'a rien à voir.


Ce que dit la pharmacologie : Le lévonorgestrel, principe actif du Mirena et du Kyleena, traverse la barrière hémato-encéphalique. Il agit sur les récepteurs GABA-A, sur l'axe HPA, sur la neuroplasticité. Ce n'est pas une hypothèse militante, c'est de la pharmacologie de base.


Ce que dit la littérature (Skovlund et al., JAMA Psychiatry, 2016)

plus d’un million de femmes suivies pendant 13 ans :

+40 % de risque de dépression avec le DIU hormonal

+52 % de prescriptions d’antidépresseurs

 chez les 15–19 ans : risque ×2,2


Ce que dit le Compendium suisse (Et c'est là que la discussion change de nature) :

La notice officielle du médicament indique explicitement que les dépressions et idées suicidaires sont des "effets indésirables connus" des contraceptifs hormonaux, que ces troubles "peuvent apparaître peu de temps après le début du traitement", et que "une dépression peut avoir une évolution grave et représente un facteur de risque de suicide ou de comportement suicidaire."


Le compendium liste les "états dépressifs" parmi les motifs justifiant le retrait du dispositif IMPERATIVEMENT.


Il précise également, noir sur blanc : "Avant l'insertion, il convient d'expliquer à l'utilisatrice l'efficacité, les risques et les effets secondaires."


Ce n'est donc pas une revendication. C'est l'obligation légale inscrite dans la notice du fabricant.


Informer des effets psychiatriques potentiels avant la pose, surtout du risque dépressif et suicidaire, c'est le minimum légal et éthique. En droit, le consentement éclairé suppose une information complète, compréhensible et préalable.


Invalider la plainte d'une femme après coup, lui dire que c'est "dans la tête", n'est pas une position clinique défendable. Au regard du compendium, c'est également une information qui doit être donnée avant.


Ce que les femmes décrivent et qu'on continue de minimiser :

Anxiété. Humeur dépressive. Libido effondrée. Sentiment d'étrangeté à soi. Insomnie. Irritabilité. Ces symptômes s'installent progressivement, rendant le lien causal difficile à percevoir et facile à nier.


Ce que je retiens est que le cerveau est un organe hormono-sensible. Les femmes ont le droit de savoir ce qu'on leur pose dans le corps et ce que ça peut faire à leur cerveau. Ce droit est inscrit dans la loi, dans l'éthique et dans la notice du médicament lui-même.


Prendre les femmes au sérieux n'est pas du militantisme. C'est de la médecine.


Le DIU hormonal et la santé mentale : ce que le compendium dit et que trop de médecins ne transmettent pas…

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© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

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