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Hormones, contraception, supplémentation : et si on remettait les mots à leur place ?

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture

Elle arrive en consultation avec une question simple : "Je prends déjà des hormones avec ma pilule — pourquoi vous me parlez d'en rajouter ?"


C'est une question légitime. Et la réponse change beaucoup de choses.

Le mot "hormone" est utilisé pour désigner deux réalités complètement différentes. Et cette confusion n'est pas anodine — elle influence les décisions médicales, les craintes des patientes, et parfois leur santé mentale pendant des années.


Ce que le corps fabrique


Le corps féminin produit trois hormones sexuelles essentielles. L'estradiol, qui protège le cerveau, soutient l'humeur et la mémoire. La progestérone, qui apaise le système nerveux et favorise le sommeil. La testostérone, qui soutient l'énergie, la motivation et la libido. Ces molécules sont produites naturellement — par les ovaires, les surrénales, et même directement par le cerveau. Elles régulent énormément de choses au-delà de la reproduction.


Ce que contient la contraception hormonale


La pilule, l'anneau vaginal ou le patch ne contiennent pas ces molécules. Ils contiennent des analogues synthétiques — des molécules fabriquées en laboratoire, conçues pour ressembler aux hormones naturelles mais qui agissent différemment. Leur rôle principal : bloquer le signal que le cerveau envoie aux ovaires.


Pas d'ovulation. Et comme conséquence directe — pas de pic d'estradiol, pas de progestérone, testostérone au plus bas.


Le corps n'est pas supplémenté en hormones. Il est mis en veille hormonale.


Ce qu'est une vraie supplémentation hormonale


Quand on parle de supplémentation — notamment en périménopause — on parle de redonner au corps des molécules identiques à celles qu'il produisait naturellement. De l'estradiol bioidentique. De la progestérone naturelle. L'objectif est inverse : ne pas bloquer le système, mais le soutenir.


Ce sont deux approches opposées, qui portent malencontreusement le même nom.


Alors non — prendre une pilule depuis dix ans ne signifie pas qu'on a "déjà des hormones". Cela signifie souvent qu'on en a moins que jamais.


Les femmes méritent des mots précis. Parce que les mots imprécis mènent à de mauvaises décisions — pour elles, et parfois pour leurs médecins.


Hormones, contraception, supplémentation : et si on remettait les mots à leur place ?

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© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

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