10 mythes sur le TDAH - Mythe n°2 : le TDAH vient d’une mauvaise parentalité
- Estelle de Pélichy-Jeanson
- il y a 1 jour
- 1 min de lecture
C’est l’un des mythes les plus tenaces… et les plus violents.
Et, comme par hasard, il vise toujours la même cible : les mères.
Dans notre culture, dès qu’un enfant déborde, s’agite, pense trop vite ou régule difficilement, on dégaine la vieille rengaine culpabilisante : « c’est l’éducation ».
Trop présente, pas assez. Trop permissive, trop stricte. Toujours fautive.
Sauf que la science dit exactement l’inverse.
Les grandes études génétiques des dix dernières années (GWAS, cohortes familiales, analyses populationnelles) sont unanimes :
Le TDAH est héritable à 70–80%. C’est du même ordre que la couleur des yeux, la myopie ou la taille. On parle ici d’un profil neurodéveloppemental transmis biologiquement, pas d’un style parental défaillant.
Les variants impliqués influencent :
• la maturation du cortex préfrontal
• la modulation dopaminergique
• la synchronisation interne
• la régulation émotionnelle
Une architecture polygénique dense, cohérente, reproductible d’une étude à l’autre.
L’environnement familial ne cause pas un TDAH. Il module l’expression, la trajectoire, la résilience. Il peut soutenir, amortir, apaiser… ou rendre le quotidien plus complexe.
Mais il ne crée pas un trouble neurodéveloppemental, pas plus que le style parental ne peut “fabriquer” des yeux bleus.
Et le paradoxe clinique est cruel : Beaucoup de mères d’enfants TDAH sont… des mères TDAH. Et au moment où la biologie familiale se révèle, on les accuse d’en être la cause.
Combattons les fake news. La science est un antidote puissant contre la culpabilisation.
Le TDAH n’est pas un échec éducatif. C’est un profil neurodéveloppemental héritable, décrit, documenté, et l’un des mieux caractérisés de notre discipline.





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