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10 Mythes sur le TDAH - Mythe n°8 : Les stimulants rendent dépendant

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 15 janv.
  • 2 min de lecture

C’est sans doute le mythe le plus anxiogène en psychiatrie.Celui qui freine les prescriptions, inquiète les patients (et parfois les médecins ou les pharmaciens), et laisse des personnes avec un TDAH non traité pendant des années.


Pourtant, la réalité scientifique est remarquablement claire.


Un niveau de preuve exceptionnel en psychiatrie


Le TDAH est l’un des rares troubles psychiatriques pour lesquels les traitements disposent d’un corpus scientifique massif. Il existe plus d’une centaine de méta-analyses, revues systématiques et grandes études longitudinales portant sur les psychostimulants (méthylphénidate, amphétamines), chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte, avec des suivis à court et long terme, parfois supérieurs à 20 ans.


Ce niveau de preuve est supérieur à celui de la majorité des antidépresseurs, y compris ceux considérés comme « très étudiés ». Aucun antidépresseur n’atteint des tailles d’effet comparables dans une indication centrale.


Efficacité clinique


Les psychostimulants sont les psychotropes avec le taux de réponse clinique le plus élevé en psychiatrie :environ 70 à 80 % de réponse, avec un effet rapide, mesurable et fonctionnel.


À titre de comparaison :

  • les antidépresseurs présentent un effet moyen modeste, avec une réponse placebo-corrigée autour de 30 à 35 % ;

  • les benzodiazépines ont un effet anxiolytique rapide, mais exposent à une dépendance bien documentée, sans traiter le trouble sous-jacent.


Les grandes synthèses convergent :

  • Cortese et al., Lancet Psychiatry : méthylphénidate en première intention chez l’enfant et l’adolescent, amphétamines chez l’adulte ;

  • recommandations NICE NG87 : indication, titration et suivi clairement cadrés ;

  • Cochrane : amélioration des symptômes et du fonctionnement, sans signal clair d’événements graves dans les durées étudiées.


Addiction et sevrage : remettre les concepts à l’endroit


La dépendance est souvent confondue avec la discontinuation.


Pour les antidépresseurs, une méta-analyse récente (Henssler et al., Lancet Psychiatry, 2024) montre l’existence de symptômes de discontinuation chez une proportion non négligeable de patients, justifiant un arrêt progressif.


À l’inverse, le méthylphénidate :

  • entraîne peu ou pas de syndrome de sevrage ;

  • nettement moindre que celui observé avec de nombreux antidépresseurs ou benzodiazépines ;

  • sans craving ni syndrome de manque comparable.


Quel est le risque addictif réel pour les TDAH ?


Les grandes études populationnelles et méta-analyses (Faraone, Volkow, Chang, Quinn, Dalsgaard) montrent que les patients TDAH traités par stimulants présentent un risque plus faible de troubles addictifs ultérieurs que les patients TDAH non traités.


Pourquoi ? Parce que le TDAH non traité est en soi un facteur de risque majeur d’addictions : impulsivité, recherche de stimulation, auto-médication, régulation émotionnelle fragile.


Les stimulants prescrits médicalement :

  • restaurent une modulation dopaminergique plus physiologique ;

  • améliorent l’inhibition et le contrôle des impulsions ;

  • réduisent les conduites à risque.


Ce n’est pas une drogue « plaisir ».

C’est un traitement de régulation neurobiologique.


Le débat sérieux n’est pas « stimulants oui ou non ».Il porte sur un diagnostic correct, une indication claire, le choix galénique, une titration prudente, un suivi rigoureux et la prise en compte des comorbidités.


Le vrai danger n’est pas le médicament.Le vrai danger, c’est le TDAH non traité.


TDAH Les stimulants rendent dépendant

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© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

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