10 mythes sur le TDAH - Mythe n°5 : le TDAH, c’est de la paresse
- Estelle de Pélichy-Jeanson
- il y a 1 jour
- 1 min de lecture
S’il existe un mythe qui marque durablement les trajectoires, c’est bien celui-là.
La “paresse” : un mot moral, collant, plaqué sur des mécanismes neurobiologiques qu’on ne comprend pas.
C’est un jugement, jamais un diagnostic.
Le TDAH n’est pas un manque de volonté.
C’est une difficulté d’activation, d’initiation, de priorisation et de maintien de l’effort :
le système exécutif ne parvient pas à lancer l’action, même avec la motivation.
Les études récentes (Barkley, Castellanos, Volkow & Faraone) décrivent :
circuits fronto-striataux moins efficaces
modulation dopaminergique atypique
difficulté à générer l’activation initiale
effort mental plus coûteux et épuisant
Ce n’est pas de la paresse.
C’est une architecture neurobiologique différente.
Et cette différence crée un cercle vicieux : difficultés d’activation → retard → honte → baisse de motivation → difficultés accrues → accusations de “paresse”.
Une boucle parfaite d’injustice.
De l’intérieur, les personnes TDAH ne se sentent pas paresseuses.
Elles se sentent épuisées.
Elles veulent faire, essaient, compensent, s’en veulent.
Elles dépensent plus d’énergie cognitive que les autres.
Et l’hyperfocus montre l’exact opposé de la paresse.
Le mythe de la paresse n’est pas anodin.
Il enferme dans la honte, retarde les diagnostics, empêche les aménagements et transforme un trouble de la régulation en accusation morale.
La science est nette :
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental.
La “paresse” n’explique rien.
La honte, elle, aggrave tout.





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