Agir, pas subir : supplémentation physiologique et révision de la contraception
- Estelle de Pélichy-Jeanson
- 2 juil.
- 2 min de lecture
Agir, pas subir : supplémentation physiologique et révision de la contraception
On a posé le constat. Voilà ce qu'on fait.
La périménopause n'est pas une fatalité à traverser en serrant les dents. C'est une carence hormonale progressive, neurobiologiquement documentée, avec une fenêtre d'opportunité thérapeutique réelle, à condition d'agir au bon moment, avec les bonnes molécules, et en revisitant tout ce qui était déjà en place.
Supplémentation physiologique : donner au cerveau ce qu'il attendait
La supplémentation hormonale en périménopause ne vise pas à "anti-vieillir". Elle vise à rétablir un environnement neurobiologique que le cerveau connaît, reconnaît, et utilise depuis 30 ans.
De l'estradiol bioidentique, identique à celui que les ovaires produisaient. De la progestérone naturelle micronisée, qui agit sur les récepteurs GABA, favorise le sommeil, protège l'humeur. Et si nécessaire, de la testostérone pour l'énergie, la cognition et la libido.
Ce n'est pas de la chimie de substitution. C'est de la physiologie de soutien. La clé qui rentre dans la serrure et ouvre vraiment, pas le passe-partout synthétique qui bloque le mécanisme.
Initié dans la fenêtre périménopausique, ce traitement réduit le risque de dépression, améliore le sommeil et la cognition, protège le cœur et les os, et peut changer radicalement le tableau psychiatrique de femmes qui n'avaient jamais eu de troubles avant.
Mais il y a une question à poser avant, ou en même temps
Quelle contraception cette femme utilise-t-elle ?
On l'a vu dans les posts précédents : la contraception hormonale, pilule, anneau, DIU hormonal, supprime l'axe gonadique, effondre la testostérone, et prive le cerveau des molécules endogènes qu'il attendait. En périménopause, ajouter une supplémentation physiologique tout en maintenant une contraception qui neutralise le système, c'est appuyer sur l'accélérateur et le frein en même temps.
La discussion doit avoir lieu. Pas pour interdire une contraception, mais pour réévaluer, à 45 ans, si ce qui a été posé à 25 ans est encore adapté, et si ses effets potentiels sur l'humeur ne viennent pas aggraver un terrain déjà fragilisé par la transition hormonale.
Ce que ça change dans la pratique
Poser la question hormonale systématiquement à toute femme de 40-50 ans qui consulte pour dépression, anxiété, insomnie, troubles cognitifs, ou décompensation d'un trouble préexistant.
Évaluer la contraception en cours et son impact possible sur la neurobiologie.
Proposer un traitement qui travaille avec la biologie de la femme, pas contre elle.
Ce n'est pas de la médecine alternative. C'est de la médecine fondée sur les preuves, appliquée à une population longtemps ignorée par la recherche.
Réf. : Newson LJ, drlouisenewson.co.uk | Manson JE & Kaunitz AM, N Engl J Med 2016 | Skovlund CW et al., JAMA Psychiatry 2016





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