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Ses besoins comptent. Les tiens, non.Campagne de la Confédération sur le sujet de la violence.

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • 12 mars
  • 2 min de lecture

Cette dynamique est souvent présentée comme de la patience. De la maturité. De l’amour qui s’adapte.


Cliniquement, il s’agit d’un effacement progressif du sujet.


Dans certaines relations, les besoins de l’un deviennent la norme implicite. Les besoins de l’autre deviennent excessifs, secondaires, dérangeants. À force, il n’est même plus nécessaire de les refuser. Ils ne sont plus formulés.


Du point de vue neurobiologique, ignorer durablement ses propres besoins n’est pas neutre.


Cela maintient le système de stress activé, sans possibilité de résolution. La charge allostatique augmente. Le corps encaisse. Ce n’est pas l’intensité d’un événement qui épuise, mais sa répétition sans issue, comme l’ont montré les travaux sur le stress chronique et l’adaptation prolongée.


Cliniquement, on observe alors une perte du signal interne.

Fatigue chronique.

Troubles anxieux ou dépressifs.

Difficulté à identifier ce que l’on ressent, ce que l’on veut, ce qui est trop.


Ce phénomène est bien décrit dans les travaux sur l’alexithymie secondaire et les adaptations relationnelles contraintes.


L’effacement n’est pas un trait de personnalité.


C’est une réponse adaptative à un contexte où exprimer ses besoins coûte trop cher.


Beaucoup de femmes décrivent alors une sensation diffuse. Ne plus savoir ce qu’elles aiment. Ne plus savoir ce qu’elles veulent. Ne plus savoir si elles ont le droit de vouloir.


Ce vécu correspond à une perte progressive de la reconnaissance de soi comme sujet désirant. Lorsque les besoins ne sont jamais accueillis, ils finissent par ne plus être formulés.


Jessica Benjamin décrit précisément ce moment où la relation cesse d’être un espace de reconnaissance mutuelle, pour devenir un lien asymétrique, dans lequel l’un existe pleinement, et l’autre s’efface pour maintenir le lien.


Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les relations d’emprise décrites par Paul-Claude Racamier, où la relation ne vise plus la rencontre de deux subjectivités, mais la régulation de l’une par l’autre.


À terme, le désir se met en veille.

L’élan vital se réduit.

Se taire devient plus sûr que demander.


Dans une relation saine, les besoins se discutent. Ils ne s’annulent pas.


Ne plus exprimer de besoins n’est pas un signe de maturité. C’est souvent un signal d’alerte.


La violence commence aussi comme ça.



Tu dis non. Il entend oui. Campagne de la Confédération sur le sujet de la violence.

 
 
 

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© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

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