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Un regard suffit. Et tu te tais. Campagne de la Confédération sur le sujet de la violence.

  • Photo du rédacteur: Estelle de Pélichy-Jeanson
    Estelle de Pélichy-Jeanson
  • il y a 5 jours
  • 1 min de lecture

Il n’y a parfois ni cris, ni insultes, ni menaces explicites.


Juste un regard.


Et le silence qui s’installe.


Cliniquement, ce moment est central. Il signe que la violence n’a plus besoin d’être exprimée pour agir. Elle a été intégrée.


Quand un regard suffit à faire taire, le cerveau anticipe la sanction. Le système nerveux réagit avant même que la scène ne se produise.


Activation de l’amygdale.

Inhibition des fonctions exécutives.

Le corps se fige.

La parole se coupe.


C’est ce que décrivent les travaux sur le trauma complexe, dans la lignée de Judith Herman, lorsque la menace devient implicite mais permanente.


Ce mécanisme n’est pas anodin. Il repose sur l’apprentissage.


À force d’expositions répétées, le corps apprend. Il n’attend plus l’acte. Il se tait avant.


Là encore, l’intentionnalité est déterminante.

Les effets psychiques sont profonds.

Hypervigilance constante.

Dissociation possible.

Rétrécissement de l’espace psychique.


Beaucoup décrivent ne plus oser penser certaines choses, encore moins les dire. Cette autocensure est une conséquence directe de la violence intériorisée.


Elle est aujourd’hui largement mise en mots dans l’espace public par des autrices comme Giulia Foïs, qui montrent comment le silence est souvent produit, et non choisi.


Se taire n’est pas consentir. C’est souvent survivre.


La violence commence aussi comme ça.



Un regard suffit. Et tu te tais. Campagne de la Confédération sur le sujet de la violence.

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© 2025 Estelle de Pélichy, psychiatre à Morges

Centre de Psychothérapie Lémanique, Rue Louis de Savoie 52, 1110 Morges

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